L'euthanasie : une solution de confort, certes, mais pour qui ?

En tant que communicatrice, j'accorde beaucoup d'importance à la fin de vie des animaux et la pratique de l'euthanasie est donc un sujet qui me touche de près. Au fil du temps et de par mon expérience avec les fins de vie de mes chats et les communications avec mes clients, je constate que les animaux peuvent être déphasés lorsqu'ils nous quittent de manière anticipée, et notamment par euthanasie.

Accompagner son animal, c'est accepter qu'il soit diminué physiquement, qu'il n'ait parfois plus toute sa tête, qu'il soit incontinent. Tout cela fait parfois partie de la fin de vie et du chemin ultime vers la mort. C'est notre devoir de nous adapter à son état et de l'aider avec des médicaments de confort ou bien tout autre pratique spirituelle (méditation, reiki animalier, travail vibratoire). Toutefois, et en dernière extrémité, et en cas de souffrance extrême, je n'hésiterai pas à recourir à l'euthanasie, à la condition que l'animal l'accepte et après lui avoir expliqué les tenants et aboutissants de cet acte.

Bien souvent, on a la réponse instinctive de ce qu'il convient de faire pour son animal et uniquement pour lui. Il a son libre arbitre et il peut nous faire ressentir ce qu’il veut pour peu que nous le regardions avec notre cœur et non avec nos yeux humains embués par nos peurs.

Est-ce parce que cela nous met en face de nos propres interrogations que nous avons autant de mal à accepter de voir mourir nos compagnons de manière naturelle et que nous les précipitons dans un au-delà qui nous rassure autant qu'il nous fait peur, et ce, en ignorant les conséquences pour leur âme ?

L'euthanasie

Cette pratique est entrée dans nos habitudes et nous pensons, souvent à tort, qu'il s'agit d'un acte anodin, voire d'amour. Je partage la vision de Carol Bouteraon, communicatrice en Belgique. Voici ce qu'elle m’a écrit lors de l’un de nos échanges « Les animaux disent qu’ils ne veulent pas être euthanasiés (sauf cas exceptionnel). Ils ajoutent que si nous ne supportons plus la situation, c’est à dire de les voir souffrir, ils acceptent l’euthanasie. Cela perturbe cependant leur chemin vers l’au-delà. Le passage des animaux de notre dimension à l’autre se fait à un moment qu’il ne nous appartient pas de décider et qui résulte d’un parcours, d’une évolution. Mettre un terme à leur vie de manière arbitraire équivaut à détourner quelqu’un de sa route et à l’empêcher d’atteindre son objectif. De là, les perturbations, souvent très profondes, qui peuvent s’ensuivre lorsque l’on arrive de l’autre côté et que ce n’est pas du tout le moment. En conséquence, il est impératif de respecter l’ordre naturel des choses, sauf circonstances très exceptionnelles. »

En ce qui me concerne, je ressens cet acte comme un arrachement, une rupture extrêmement violente et inappropriée du plan terrestre. Lorsque j'entre en contact avec eux, j'ai les images suivantes qui me viennent à l'esprit : c'est comme si votre compagnon était catapulté sur une planète inconnue. Il arrive là-bas complètement déboussolé, sans comprendre ce qui s'est passé et sans savoir où il se trouve. Si il n'est pas préparé, c'est un état de détresse qui est, et ce même si un produit apaisant à été administré avant l'injection finale. Pour certains, si ils ne sont pas prêts, il peut en résulter une transition perturbée et une difficulté à s'élever dans la lumière.

La souffrance peut faire partie de leur cheminement. J'ai communiqué avec un chat qui était décédé sur le pas de porte de la clinique vétérinaire. Sa gardienne s'en voulait de ne pas l'avoir euthanasié. Lorsque je suis entrée en communication avec lui, il m'a dit que cette souffrance était nécessaire pour son évolution et que sa gardienne pouvait être en paix.

L'euthanasie sur le vif, décidée lors d'une consultation ou au cours d'une intervention devrait être évitée. Il en résulte la plupart du temps de la culpabilité et le processus de deuil est d'autant plus difficile car aucun « adieu » n'a été fait. De nombreux gardiens déclarent ressentir de l'angoisse et de la culpabilité par rapport à leur choix, et ce parfois de nombreuses années plus tard. Souvent, ils estiment qu'ils ont précipité leur décision d'euthanasier ou qu’ils ont été poussés par le vétérinaire; et ils ont l’impression d’avoir trahi leur bien-aimé compagnon. Les recherches révèlent que les gens ont tendance à ressentir plus de regret s'ils ont été pressés de prendre une décision. Les vétérinaires devraient encourager leurs clients à prendre le temps de la réflexion.

Parfois il ne s'agit que d'une question d'heures ou de jours mais ce laps de temps est indispensable pour une transition paisible. L'âme a besoin de temps pour se libérer du corps physique et s'élever : Cela peut prendre quelques heures, ou quelques jours mais ce délai est indispensable pour un départ serein. Notre rôle est alors d'accompagner, avec patience et douceur, bienveillance et protection.

Cependant, ne faisons pas des généralités, l'euthanasie n'est pas à bannir et elle est un acte de compassion si votre compagnon est en train de perdre sa dignité.

Si vous optez pour cet acte, il est indispensable de préparer votre compagnon et de lui donner du temps pour qu'il accepte cette issue.

Cependant, ne faisons pas des généralités, l'euthanasie n'est pas à bannir si votre compagnon est en train de perdre sa dignité. Il est important que votre acte soit posé et réfléchi et que votre compagnon accepte votre décision.

Si à la lecture de cet article, vous doutez de vous, sachez que le regret n'est pas négatif car il peut nous permettre d'évoluer. Nous pouvons prendre en compte cette expérience pour orienter nos décisions futures et gagner en sagesse.

De plus nos animaux de compagnie nous aiment de manière inconditionnelle et ils semblent nous pardonner nos erreurs. Apprenons à nous pardonner et à faire mieux la fois suivante.

La mort naturelle

La mort naturelle n’est pas obligatoirement plus facile à vivre, ni pour l'animal, ni pour la personne. Je me prépare à la séparation avec mes chats, j'anticipe les médicaments à donner si il y a souffrance, je passe du temps avec eux et je profite de chaque petits moments de tendresse qu'ils peuvent encore m'offrir. Je me remémore avec eux les bons souvenirs et je leur explique qu'ils retrouveront là-haut toutes leurs facultés physiques alors qu'ils les ont perdues. Par exemple, Mélissa ne pouvait pas courir suite à un problème cardiaque. Je voyais combien elle avait envie de cela. Aussi, je lui ai expliqué que là-haut, elle pourrait grimper aux arbres et se dépenser sans compter et sans souffrance.

Cela leur permet de partir sereinement et cela me permet de vivre leur départ dans la paix du cœur et de l'esprit. Le dernier jour peut parfois nous paraître interminable, nous aimerions que notre compagnon puisse enfin être délivré. Son dernier souffle doit lui appartenir. Cela peut se produire en votre présence ou lorsque vous êtes absent.

 

L'euthanasie, c'est comme les antibiotiques, ce n'est pas automatique !